« Sex sells ! », me dit une amie chez Vogue, accessoirement le magazine qui inventa le mot ‘sex-appeal’ dans les années 1920.
Qui suis-je pour mettre cette autorité quasiment biblique en doute ?
Bien que la lecture qui va suivre, pourrait vous ‘verdir’ davantage (je vais certainement évoquer les bosquets du parc de Versailles, mais pardonnez-moi l’absence de détails botaniques), j’avertis donc les amateurs de floralies et de broussaille : ceci n’est pas la suite de ‘Jardinage et Snobisme 1’ !
Il est dit que l’homme est plus sensible au sex-appeal : il veut simplement faire l’amour avec une femme belle et sensuelle. Quant à la femme, elle l’est plus au snob-appeal : elle rêve de faire l’amour avec un millionnaire, une star de la télévision, un chef d’état, un prince ou un homme qui a possédé de belles femmes. L’homme se contente d’une jolie bergère, tandis que la femme recherche l’objet rare ou une situation exclusive.
Souvent l’élite a une fascination pour le peuple, comme le cas de Lady Chaterley. D.H. Lawrence explique que cela n’est qu’une question de volonté : « Les classes supérieures aspirent à être les victimes des classes inférieures, ou à en faire leurs victimes. » C’est vrai que l’on prend un certain plaisir à se plaindre de sa femme de ménage !
La luxure a toujours été une prérogative de la petite et de la grande noblesse. Le sang bleu est chaud. C’est logique : le droit à la fécondation, comme à la nourriture, est un privilège naturel des animaux dominants. Puis plus l’homme est noble, plus il s’ennuie. L’ennui a des valeurs aristocratiques. « La vie que je mène ici est réellement fatigante, par l’excès de son repos et son insipide uniformité. », constata le vicomte de Valmont. Mais une libido extravagante est également une manifestation du pouvoir et de la différence. Ce n’est donc pas étonnant non plus, que les pères du sadisme et du masochisme portèrent des noms à particule.
Par ailleurs, couvertures en zibeline et godemichés en faïence de Delft du XVII ne sont pas des accessoires accessibles à toutes les bourses !
Le prolétariat n’a donc rien à craindre de ces écarts dus à une imagination surexcitée. « Une heureuse nécessité l’oblige au travail manuel. », révèle un manuel « aux ouvriers sur les moyens qu’ils ont d’être heureux », publié en 1850 : « La folie des passions ne peut guère trouver de place entre la fatigue du jour et le repos de la nuit. »
C’est donc par la faute des politiciens comme Martine Aubry que la luxure s’est propagée avec tant de rapidité.
L’abstinence a pourtant du chic !
Coco Chanel décida de ne plus faire l’amour après qu’elle s’était observée dans un miroir. Annoncez donc une migraine affreuse comme Mme de Renal ou la Duchesse de Chartres, réputée d’être la personne la plus paresseuse de son temps et dont le mari attendait vainement le jour où son épouse aurait « aussi chaud ailleurs qu’à la tête ». La froideur est bien plus distinguée ! Puis, Mesdames, quoi qu’il arrive, retenez la remarque du marquis Curzon of Kedleston en pleine andropause à sa jeune épouse voulant le secourir : « Ladies don’t help ».

Singulièrement vôtre,
Anton Moonen