Le vignoble de Cahors
Implanté par les Romains en 50 avant J.-C., c’est l’un des plus anciens vins d’Europe. Depuis, les vignes sont restées enracinées dans la terre du Quercy et leur histoire se confond avec celle de la région. Au Moyen Age on l’appelait le « vin noir ». Clément Marot chanta les vertus de cette « liqueur de feu. » Il était sur les tables du mariage d’Aliénor d’Aquitaine avec Henri II, roi d’Angleterre, ce qui lui ouvrit les portes de Londres. Le pape Jean XXII, né à Cahors en fit son vin de table et de messe, François I er l’apprécia au point de confier à des vignerons cahorsins le soin de créer le vignoble de Fontainebleau, tandis que Colbert n’hésitait pas le proclamer supérieur au Bordeaux. Le Tsar Pierre le Grand se soignait au CaorsKoie vino, le vin de Cahors, et l’Église orthodoxe l’adopta comme vin de messe.

L’histoire de ce vin est aussi liée à celle du Lot
Dès son introduction par les Romains, son commerce passe par cette voie navigable bien que dangereuse. Destination : Bordeaux, quai des Chartrons au Port de la Lune. Au XVIII ème siècle, près de 10 000 tonneaux de vins transitent par ce port pour partir ensuite vers le nord de l’Europe, les Antilles ou les Amériques. Dès son introduction à la cour d’Angleterre, le vin de Cahors va devenir un concurrent jugé redoutable pour les vins de Bordeaux. Les viticulteurs bordelais tentèrent d’empêcher leur passage avant la Toussaint pour écouler leur production. C’est Louis XVI qui réglera le conflit, en mettant en place une médiation entre les viticulteurs.
Le Cahors tomba peu à peu dans l’oubli
Avant la fin du XIX ème siècle, le phylloxéra de 1876, manqua de le faire totalement disparaître. Les gelées de 1956 lui furent fatales. La résurrection a été lente et difficile, et il y a peu encore, sa réputation était pis que piètre. Trop de viticulteurs se contentaient de faire « pisser la vigne » et de produire en abondance des vins faciles et sans caractère.
Tout a bien changé depuis une vingtaine d’années...
Une nouvelle génération de producteurs a, au début des années 1980, repris les choses en main, définissant un style à la fois élégant et vigoureux du Cahors moderne.
Le vignoble du domaine de Lagrézette, replanté et parfaitement entretenu, s’étend actuellement sur plus de 60 hectares. Etablis sur les deuxièmes et troisièmes terrasses du Lot, sur un terroir argilocalcaire et siliceux, les cépages Malbec (77 % de la superficie), Merlot (21 %) et Tannat (2 %) donnent aux vins leur caractère affirmé et leur authenticité. Conduit avec le plus grand soin (effeuillage et éclaircissage manuels), le vignoble produit des raisins vendangés et triés à la main, dont l’excellence favorise la production de vins de grande qualité.
Le cépage principal du domaine de Lagrézette est le Malbec, puissant et généreux, il mêle les arômes de réglisse, d’anis et de fruits rouges ; riche en tannins, il est apte à vieillir de nombreuses années. Avec le retour de ce cépage noble, Cahors a de nouveau fait la conquête des amateurs, retrouvant sa place parmi les grandes appellations de France.
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Le Château Lagrézette
Edifié sur les bases d’une maison forte du XII ème siècle, le Château Lagrézette est érigé au XVème siècle par la famille de Massault. Ainsi, son architecture médiévale a été ornée et agrémentée à la Renaissance, comme en témoignent notamment les décors sculptés des entourages de la porte de la tour hexagonale de l’escalier (XVI ème siècle) et d’autres documents historiques retrouvés au Château*. Les qualités esthétiques, remises en valeur par la restauration, ont permis à ce château d’être classé monument historique en 1982.
Racheté en 1980 par Marie-Thérèse et Alain Dominique Perrin, après avoir été la propriété des familles de Malegat, Lebrun, de Belcastel, de Malartic, d’Ambert, de Barde et Chevalier, le Château Lagrézette, parfaitement restauré, a retrouvé toute sa splendeur initiale.
Le chai souterrain du Domaine de Lagrézette, long de 55 mètres et profond de 19 mètres, a été conçu tant pour favoriser une vinification de qualité que pour respecter l’environnement. Ce chai unique, situé aux pieds du Château, permet, grâce à un agencement sophistiqué, d’appliquer des méthodes de travail aussi simples qu’efficaces ; établi sur 3 niveaux, il autorise le passage de l’un à l’autre par gravité. Les raisins, vendangés à la main, sont triés manuellement, éraflés et foulés au niveau 3.
La fermentation alcoolique a lieu au niveau 2, dans des cuves en inox de capacité réduite et thermo régulées, qui permettent une vinification par parcelle. Deux foudres de chêne de 80 hectolitres sont consacrés à l’élaboration de la cuvée Le Pigeonnier et de la cuvée Dame Honneur. L’élevage en barriques neuves de chêne français se fait au niveau 1 où la température et l’hygrométrie sont naturellement idéales et constantes, favorisant ainsi une maturation optimale des vins.
Alain Dominique Perrin est le propriétaire du Château Lagrézette. Bien connu en tant qu’Administrateur Exécutif du Groupe Richemont, il est l’homme du développement international de Cartier, et le premier à avoir défini la notion du luxe moderne.
Homme engagé, dans le monde du luxe, de l’art et de la culture, il a également été l’initiateur de la Fondation Cartier pour l’Art Contemporain. Son but est de rendre hommage à la création vivante, l’encourager, la défendre et la perpétuer. Ce qui est peut-être moins connu, est sa passion pour le vin. En 1980, Alain Dominique Perrin vit un véritable coup de cœur pour la région de Cahors et son vin symbole d’art de vivre, de culture et de tradition. Il se prend d’amour pour le domaine Lagrézette, le rachète et consacre tout son temps et toute son énergie à la réhabilitation du Château, rendant au domaine sa vocation première : la viticulture. Son investissement personnel et sa vision de la viticulture ont permis d’élaborer des crus puissants, généreux, élégants et raffinés.
Le domaine donne naissance au Pigeonnier, à la Cuvée Dame d’Honneur, au Château Lagrézette...vins dont la qualité est unanimement reconnue en France mais aussi à l’étranger.
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Les Vins du Château, le haut de gamme de Lagrézette
Le Pigeonnier
Les raisins sont récoltés sur une parcelle de 2,7ha, dite "Le Pigeonnier", exposée est/ouest et située en troisièmes terrasses du Lot. Les rendements sont maintenus entre 15 et 20hl/ha pour une production totale de l’ordre de 6 000 à 7 000 bouteilles par millésime. Cette cuvée, 100% Malbec, est vinifiée en foudre de chêne et élevée pendant 28 mois en barriques de chêne neuves, avant d’être embouteillée au château. Vin de grande garde, Le Pigeonnier peut vieillir en se bonifiant pendant plus de 25 ans.
Classé "Remarquable" (outstanding) par Robert M. Parker dans le numéro 130 du Wine Advocate, Le Pigeonnier a respectivement obtenu les notes de 90, 92 et 94/100 pour les millésimes 1997, 1998 et 1999.
Cuvée Dame Honneur
Cette cuvée est issue des vignes les plus anciennes du domaine, plantées en troisièmes terrasses du Lot et sur le Causse. Les rendements sont maintenus entre 25 et 30hl/ha, pour une production totale de l’ordre de 10 000 à 11 000 bouteilles par millésime. Issue d’Auxerrois (91%) et de Merlot (9%), qui lui confèrent puissance et rondeur, elle a été élevée pendant 24 mois en fûts de chêne neufs, avant d’être assemblée puis embouteillée au château. Vin de grande garde, la Cuvée Dame Honneur peut vieillir en se bonifiant pendant plus de 25 ans.
Château Lagrézette
Le premier vin historique du domaine a obtenu de nombreuses médailles d’or à Paris, Bruxelles et Mâcon, et de multiples citations dans les guides les plus prestigieux. Les différentes cuvées qui le composent sont vinifiées par parcelles et cépages séparés, puis élevées en barriques de chêne pendant 18 à 20 mois. Issu de Malbec, de Merlot et d’un très faible pourcentage de Tannat, le vin est ensuite assemblé, puis très légèrement filtré ou collé au blanc d’œuf avant sa mise en bouteille au château. Vin de grande garde, le Château Lagrézette peut vieillir en se bonifiant pendant plus de 15 ans.
Dégustation : Le Pigeonnier du Château Lagrézette, la Cuvée Dame Honneur et le Château Lagrézette sont les meilleurs exemples de la qualité et de l’esprit du Domaine. Servis chambrés (16 à 18°C) et éventuellement carafés, ils accompagnent parfaitement les gibiers, les viandes rouges ou en sauce, le foie gras, les confits, les volailles, les fromages.
A consommer avec modération.